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Caux en histoire

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L’histoire humaine du pays de Caux a été marquée par le peuple des Calètes dans l’Antiquité, par des apports Francs au Haut Moyen Âge et par la colonisation Viking et Anglo-Scandinave au Moyen Âge. Elle s’inscrit dans l’histoire de la Normandie tout en gardant une certaine originalité, liée à son ouverture maritime et à ses caractéristiques géologiques.

Préhistoire

Les premiers habitants du pays de Caux ont pu habiter dans les nombreuses grottes des vallées et de la côte, sans qu’on puisse évaluer leur nombre de façon certaine. Les sites les plus anciens datent du Paléolithique inférieur et ont révélé des outils taillés en pierre de types clactonien et acheuléen (Havre, Sassetot-le-Mauconduit par exemple). Pendant le Mésolithique, les cultures préhistoriques qui occupent le pays de Caux se rattachent à celles du bassin parisien avec des influences belges. La population se sédentarise au cours du Néolithique et fabrique des outils en bronze et des céramiques.

Dans l’Antiquité, le pays de Caux est peuplé par les Calètes ou Caleti, une tribu celtique belge qui s’est installée en Normandie à partir du 4è siècle av. J.-C.. Le nom « Calète » vient sans doute du gaulois *calet- ou caleto- signifiant « dur » (comme la craie ?). Ils vivent groupés sur des positions hautes appelées oppida (Étretat, Camp de Canada à Fécamp) ou des villages agraires à enclos. Malgré une lutte acharnée contre les troupes de Jules César, les Calètes sont vaincus par les Romains au milieu du 1er siècle av. J.-C.

Photo: Apollon en bronze, retrouvé à Lillebonne, musée du Louvre.

La paix romaine
En 27 av. J.-C., l’empereur Auguste réorganise le territoire gaulois. Il crée la civitas caletorum (« cité des Calètes ») qui est incorporée à la province de Gaule lyonnaise. Avec la paix romaine, les populations délaissent les oppida pour habiter dans les vallées. On accentue le défrichement dans les campagnes qui gagnent sur la forêt, les cultures et l’élevage continuent de se développer et l’artisanat fournit les exportations vers la Bretagne. De nombreuses villas gallo-romaines sont construites, comme celle de Sainte-Marguerite-sur-Mer. Elles utilisent les matériaux locaux : silex, craie, calcaire, brique, torchis. La technique du colombage évolue à cette époque à partir de traditions indigènes (les longs poteaux des « huttes » celtiques) et de savoir-faire issus du monde romain (l’opus craticium). La romanisation du pays de Caux, comme ailleurs en Occident, passe par l’urbanisation et la construction de routes : Juliobona (l’actuelle Lillebonne) et Caracotinum (Harfleur) sont alors les principales villes de la civitas caletorum.

Un autre monde. Les premières incursions germaniques surviennent au iiie siècle : la côte d’Albâtre subit les incursions saxonnes et l’Empereur romain ordonne la construction du litus Saxonicum pour défendre le plateau et le pays est intégré au commandement du Dux tractus Armoricanus et Nervicanus. Les attaques s’intensifient au ve siècle et sont en partie responsables du déclin des villes, de la crise des campagnes et d’un certain retour à la forêt. En partie défrichée.

Moyen Age
À la fin du 5è siècle, le pays de Caux passe sous domination franque et fait partie de la Neustrie mérovingienne. Il est divisé en deux pays ou pagi (sing.pagus), le Caux et le Talou, dirigés chacun par un comte qui représente l’autorité royale. Le Talou correspondant aux limites actuelles de l’arrondissement de Dieppe. Les toponymes terminant par « -court » et les plus anciens en « -ville » datent de cette époque franque. Ils subissent l’emploi du génitif saxon : Offranville = la ville d’Offrün. Au 7e siècle, le comte de Caux, Waning, fonde le premier monastère de Fécamp. Les rois mérovingiens favorisent la christianisation des campagnes et la fondation d’abbayes : Fontenelle, Jumièges, Pavilly et Montivilliers sont créées au viie siècle. Elles adoptent rapidement la règle de saint Benoît et constituent de grands domaines fonciers.

En 751, le royaume mérovingien passe aux mains de la dynastie carolingienne et le centre politique s’éloigne vers les rives du Rhin. Les raids vikings sur la côte normande commencent au ixe siècle. En 841, les Scandinaves remontent la Seine sur leurs drakkars, pillent et dévastent les monastères et les villes de la région. Les habitants et les moines, livrés à eux-mêmes, ne trouvent de salut que dans la fuite. En 911, le roi Charles le Simple décide de donner la Basse-Seine au chef viking Rollon : le Traité de Saint-Clair-sur-Epte marque la fondation du comté de Rouen, futur duché de Normandie.

Le pays de Caux connaît un peuplement anglo-scandinave dense, comme le montre la toponymie : parmi les appellatifs les plus fréquents, citons bec de l’ancien scandinave bekkr « cours d’eau » (Caudebec-en-Caux, Bolbec), dal[le] de l’ancien scandinave dalr « vallée » (Dieppedalle, Oudalle), –fleu[r] encore de l’ancien scandinave floi / floð ou du vieil anglais fleot« cours d’eau » (Harfleur, Vittefleur) et tot de l’ancien scandinave topt « emplacement, ferme » (Yvetot, Criquetot-l’Esneval), -tuit de l’ancien scandinave þveit« essart » (Autuit à Harcanville, Vautuit), -lon, -ron, londe de l’ancien scandinave lundr « bois, forêt » (Iclon, Yébleron, Faguillonde), etc. Les Anglo-Danois laissent également une empreinte durable dans les coutumes, l’architecture, le dialecte et le type ethnique cauchois dont Bourvil est le fier représentant !

Photo: Le donjon dit de Guillaume le Conquérant à Lillebonne.

Au 10e siècle, les premiers ducs de Normandie résident souvent dans leurs palais de Fécamp et de Lillebonne, jusqu’à l’invasion de l’Angleterre en 1066 par Guillaume le Conquérant, qui devient roi d’Angleterre. Plus tard, Henri II met en place le bailliage du pays de Caux, qui est repris par le roi de France au 13e siècle.

Après les invasions vikings, les ducs s’emploient à rétablir la vie monastique en Normandie : vers 960, le réformateur Gérard de Brogne ressuscite Saint-Wandrille. Richard Ier fait reconstruire l’église abbatiale à Fécamp. Richard ii fait venir Guillaume de Volpiano pour ranimer la vie de l’abbaye, selon la règle bénédictine.

La condition des paysans cauchois est alors relativement meilleure qu’ailleurs en France : les serfs exploitent la réserve seigneuriale et les communautés rurales sont influentes. Les innovations agricoles (collier d’épaule, assolement triennal) arrivent très tôt en Normandie et entraînent une augmentation des récoltes. L’industrie textile se développe en liaison avec la culture des plantes tinctoriales ainsi qu’avec l’élevage ovin. La population du plateau de Caux augmente et les bourgs se développent, grâce à la draperie.

Les habitants de Montivilliers, Harfleur et Fécamp achètent à Jean Sans Terre leur charte communale en 1202 et les bourgeois acquièrent des privilèges. Les échanges commerciaux se développent avec les régions voisines et avec l’Angleterre. Les marchands pêcheurs de Fécamp organisent une « ghilde » qui les protège et réglemente leurs activités. Les foires régionales se multiplient, celle d’Harfleur est alors l’une des plus réputées du pays de Caux.

En 1204, la Normandie est intégrée au domaine royal français. Le 13e siècle est une période de prospérité pour le pays de Caux. Le Grand Coutumier de Normandie est rédigé au milieu du 13e siècle. La Charte aux Normands est octroyée le 19 mars 1315, par le roi de France Louis le Hutin, qui fait écho à la Grande Charte des Anglais. Cette charte, ainsi que la seconde de 1339, est considérée jusqu’en 1789 comme le symbole du particularisme normand. Au début du 14èmè siècle, le pays de Caux est touché, comme le reste de l’Occident, par des vagues de famines et d’épidémies. La peste, qui fait son apparition en1348, tue jusqu’aux ¾ des habitants dans certains villages. Puis la région est dévastée par les chevauchées, les pillages et les batailles de la guerre de Cent Ans.

La démographie s’effondre et de nombreux villages sont abandonnés. Le commerce est ralenti et l’activité économique perturbée. Au début du 15e siècle, les Anglais razzient les campagnes du pays de Caux bientôt soumis à la couronne anglaise. En 1415, le roi d’Angleterre Henri v débarque au Chef-de-Caux (l’actuelle Sainte-Adresse), puis assiège la ville d’Harfleur qui finit par tomber au bout d’un mois. La Normandie est occupée par les Anglais jusqu’en 1450.

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