Histoire de la Villa avant d’être rénovée !

Histoire de la Villa avant d’être rénovée !

De 1829 aux années 1910, les Boullard, notables du village, sont tour à tour constructeurs, minotiers et maire du village de Saint-Aubin-sur-Scie.

Constructeur, c’est Joseph Boullard qui entreprit la construction de la maison achevée en 1829 et celle du moulin, un an plus tard. La maison et le moulin resteront dans la famille trois générations durant.

Nous avons parfois la visite des descendants de cette famille d’entrepreneurs audacieux : les lointains souvenirs de cette époque heureuse ne se sont jamais totalement effacés. En rendre compte dans ces lignes, est une façon de leur rendre hommage et de témoigner de notre reconnaissance pour l’admirable travail accompli.

Notre activité de maison d’hôtes s’inscrit dans ce processus artisanal en redonnant vie à une propriété dont la vocation initiale fut de produire de la farine. Pour une raison que nous ignorons, la propriété sera divisée lors d’une vente dans les années 1910, le moulin prenant le nom de « Moulin des roses » et la maison celui de « Villa Mon Repos ».

Années 1910-1946

Suite à la division du moulin et de la maison, un armateur fécampois fait l’acquisition de la villa afin de se retirer loin de ses affaires. Accompagné de son épouse et de sa fille, M.Cavelier entreprend quelques travaux avec l’idée de convertir cette maison de pays en lieu de villégiature et de repos bien mérité.

Son idée d’apposer un balcon/terrasse sur cette maison cauchoise est, selon un architecte de la région, une incongruité désolante (!). Pourtant, à y regarder de plus près, ce balcon faisant office d’abri est d’une grande utilité.

Le climat de la région, parfois pluvieux d’octobre à décembre, n’incite pas toujours à la causette devant le perron de son entrée. Grâce à notre ami armateur, les fumeurs de cigarettes peuvent braver les éléments ou se protéger des ardeurs du soleil !

1940-1944 : Réquisitionnée, la maison devient une annexe de la Kommandantur.

À tout malheur quelque chose est bon, la maison ne subit pas de dommages irréversibles, mise à part une partie d’escalier brûlée pendant le dernier hiver d’occupation. A l’issue de la guerre, les Allemands faits prisonniers furent engagés pour déminer le jardin truffé de grenades et de mines anti-personnel… Cette opération coûta la vie à deux d’entre eux.

Mais en dépit de ces évènements sombres, l’histoire de la maison fut parfois émaillée d’anecdotes de guerre parfois savoureuses. Parmi lesquelles l’arrivée inopinée d’un soldat américain en 1944 dont le souvenir est resté à jamais gravé dans la mémoire des enfants du village. Prenant le pseudonyme de Mel Brooks, le jeune sergent-infirmier Melvin Kaminsky a fait une longue carrière de réalisateur de comédies, brocardant au passage la France et ses grandes figures historiques !

Au sortir de la guerre, la famille Levasseur fait l’acquisition de La Villa Mon Repos. Cette maison devient une boucherie artisanale. Point de repos… Gérard Levasseur, l’un des trois fils, nous a souvent raconté les heures de labeur passées à développer l’entreprise familiale.

Comme dans toutes les familles d’artisans de l’après-guerre et surtout dans les métiers de bouche, on passait le plus clair de son temps à travailler. Un jour excédé de devoir travailler le dimanche, du haut de ses 18 ans, le jeune Gérard quitte la table familiale, prit sa carabine et crible de plombs la plaque émaillée de la Villa Mon Repos, plaque apposée sur l’un des piliers à l’entrée de la propriété !

Le Cauchoix, taiseux, est aussi un homme d’action. Soulagé, Gérard entre à la maison pour finir son dessert.

Des photos d’une autre époque !

Avant le « point com », on a eu le « point de répit » !

Les photos du jardin prises en 2006 donnent l’étendue de la tâche à accomplir pour le rendre agréable! Lorsque nous avons débuté le nettoyage du jardin, un petit 5000 m², nous ignorions qu’il nous faudrait deux ans pour le réhabiliter!

Ce terrain ayant le charme d’une propriété abandonnée était recouvert de débris divers qu’il a fallu ramasser : lierre, mousse, mauvaises herbes, briques, tôles, verre, déchets végétaux, clôtures et quelques tomettes du 19ème abandonnées au pied d’un arbre.

La maison méritait aussi un sérieux rafraîchissement, en témoignent les chambres et les pièces de vie. Un rafraîchissement nécessitant six mois de travail, ce qui au final est un temps assez court!

Temps durant lequel nous avons opté pour l’eau chaude solaire et le chauffage central au bois, soucieux de nous inscrire dans un schéma de développement durable et assumons-le, écologique.

Le nom des chambres

Les Épices pour le stockage des épices, au deuxième dans le grenier.

La chambre Frêne en face de l’arbre du même nom,

La chambre Le Moulin du côté de la rivière et de son moulin,

La chambre du Phare (plein ouest), direction le phare d’Ailly,

Enfin la chambre familiale Les Ivoires, en souvenir de l’histoire de notre famille comptant plusieurs générations de sculpteurs sur ivoire (Les Souillard, 1865-1977). Leur travail est d’ailleurs réuni sous forme de collections dans les jolies salles du Château-Musée de Dieppe.

La Villa et les animaux

shaggy-2On suppose que les premiers propriétaires, la famille Boullard, avaient des chevaux car une écurie est attestée sur les lieux.

Un vieux mur en briques de Varengeville atteste la présence d’une écurie avant même la construction de la maison selon un plan d’Ancien Régime, le site étant probablement déjà habité.

On sait que la ferme Bréard avait des bêtes, cette dernière était séparée de la maison par une simple haie. On pouvait donc facilement aller chercher son lait chez le paysan d’à côté et ramener quelques bonnes volailles fermières.

Quand ce n’était pas la vache du fermier qui passait la haie pour aller brouter une herbe toujours plus chez le voisin ! Peut-être que ce genre d’intrusion incita les Boullard à dresser un mur jusqu’à la route (1895).

A notre arrivée en novembre 2007, nous avons adopté le vieux Filou, molosse des précédents propriétaires. Et tellement habitué aux lieux, qu’il n’aurait pas supporté une autre maison et encore moins la SPA.

Cette brave bête est restée avec nous, devant supporter les assauts d’affection d’une nouvelle venue : Shaggy 2.0, connue maintenant dans le monde entier!

Nos quatre chats complètent le tableau et par un hasard extraordinaire s’amusent à accueillir nos hôtes dès que ces derniers sortent de leurs véhicules !

Les années passent et Villa « Mon Repos » continue son bonhomme de chemin, en point com et connectée sur les réseaux sociaux. Nous sommes des propriétaires heureux de partager l’excellente situation de notre maison: l’emplacement plein sud, l’éloignement de la route, la proximité du fleuve côtier déjà familier des Gaulois enfin la proximité de la mer puisque la

Scie se jette dans la Manche à Pourville-sur-mer! Bienvenue sur la Côte d’Albâtre ! La côte la plus proche de Paris.

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